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"- Est-ce moi, Roberto, est-ce moi qui t'ai accouché ? Est-ce de moi que tu es sorti ? Si je n'avais pas accouché de toi ici, si je ne t'avais pas vu sortir, et suivi des yeux jusqu'à ce qu'on te pose dans ton berceau ; si je n'avais pas posé, depuis le berceau, mon regard sur toi sans te lâcher, et surveillé chaque changement de ton corps au point que je n'ai pas vu les changements se faire et que je te vois là, pareil à celui qui est sorti de moi dans ce lit, je croirai que ce n'est pas mon fils que j'ai devant moi. Pourtant, je te reconnais, Roberto. Je reconnais la force de ton corps, ta taille, la couleur de tes cheveux, la couleur de tes yeux, la forme de tes mains, ces grandes mains fortes qui n'ont jamais servi qu'à caresser le cou de ta mère, qu'à serrer celui de ton père, que tu as tué. Pourquoi cet enfant, si sage pendant vingt-quatre ans, est-il devenu fou brusquement ? Comment as-tu quitté les rails, Roberto ? Qui a posé un tronc d'arbre sur ce chemin si droit pour te faire tomber dans l'abîme ? Roberto, Roberto, une voiture qui s'est écrasée au fond d'un ravin, on ne la répare pas. Un train qui a déraillé, on n'essaie pas de le remettre sur ses rails. On l'abandonne, on l'oublie. Je t'oublie, Roberto, je t'ai oublié."
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- Chapitre 10 :Qui habite la première planète que le petit prince visite?
- L'auteur décide de parler avec la forêt à son image. Par la personnification, il montre la tristesse l'angoisse et la mélancolie qu'elle subit, avec « le vent et la forêt qui pleurent » / « toutes leurs larmes feuilles à feuilles »Le lyrisme reste toute fois épuré, avec deux occurrences de « je » qui est assez peu pour un poème sur l'amour ainsi qu'un seul verbe de sentiment « aimer » qui démontre d'un amour sans artifice de plus le pronom « on » démontre d'un pathos. L'absence de ponctuation qui amène un lyrisme exalté de la poésie romantique. De plus l'effet de calligramme apporte une nouvelle dimension de recherche visuelle qui pourrait être une feuille tombant sur les 6 derniers vers, assortis à l'assonance en « ou » nous avons le bruit de la feuille chutant au sol. Ce qui dévoile le temps qui passe se rapprochant du destin mortifère
- 1938-1960. Issu de l'existentialisme en philosophie, les auteurs de ce courant abordent surtout l'absurdité de la condition humaine, l'incohérence, la répétition, l'étrangeté, la solitude, le non-sens, l'inconscient et l'insignifiance. Ils refusent le réalisme, la psychologie et les structures traditionnelles de l'art.