- « L'homme est obscur à lui-même ; cela est à savoir. Seulement il faut éviter ici plusieurs erreurs que fonde le terme d'inconscient. La plus grave de ces erreurs est de croire que l'inconscient est un autre Moi ; un Moiqui a ses préjugés, ses passions et ses ruses ; une sorte de mauvais ange, diabolique conseiller. »
- « Il n'y a pas de déterminisme, l'homme est libre, l'homme est liberté. »
- « En fait l'homme s'habitue à avoir un corps et des instincts. Le psychiatre contrarie cette heureuse disposition ; il invente le monstre ; il le révèle à celui qui en est habité. Le freudisme, si fameux, est un art d'inventer en chaque homme un animal redoutable, d'après des signes tout à fait ordinaires ; les rêves sont de tels signes ; les hommes ont toujours interprété leurs rêves, d'où un symbolisme facile. Freud se plaisait à montrer que ce symbolisme facile nous trompe et que nos symboles sont toujours ce qu'il y a d'indirect. »
- L'homme est né libre et partout il est dans les fers
- « Pour la conscience, le donné est une chose essentiellement la même, que l'objet représenté existe ou qu'il soit imaginé et même peut-être absurde. »
- « Il y a à tout moment une infinité de perceptions en nous, mais sans aperception et sans réflexion, c'est-à-dire des changements dans l'âme même dont nous ne nous apercevons pas, parce que les impressions sont trop petites et en trop grand nombre ou trop unies, en sorte qu'elles n'ont rien d'assez distinguant à part, mais jointes à d'autres, elles ne laissent pas de faire leur effet et de se faire sentir au moins confusément dans l'assemblage."
- «Tous nos motifs conscients sont des phénomènes de surface, derrière eux se déroule la lutte de nos instincts et de nos états : la lutte pour la puissance.»
- « Ce que l'homme perd par le contrat social, c'est sa liberté naturelle et un droit illimité à tout ce qui le tente et qu'il peut atteindre ; ce qu'il gagne, c'est la liberté civile et la propriété de tout ce qu'il possède. »
- Chacun de nous met en commun sa personne et toute sa puissance sous la suprême direction de la volonté générale: et nous recevons en corps chaque membre comme partie indivisible du tout
- « La conscience n'a pas de dedans ; elle n'est rien que le dehors d'elle-même et c'est cette fuite absolue, ce refus d'être substance qui la constituent comme une conscience. »
- « L'accoutumance est une seconde nature, et non moins puissante. »
- « Je ne peux jamais me saisir moi-même à aucun moment sans une perception. »
- « Je ne me connais point, moi-même, et c'est ce qui quelquefois, la nuit quand j'y pense, me désole. Suis-je bon, méchant, spirituel, bête ? »
- « Science sans conscience n'est que ruine de l'âme. »
- « Le Dasein, en tant qu'être-l'un-avec-l'autre quotidien, se tient sous l'emprise d'autrui
- « Hume m'a fait sortir de mon sommeil dogmatique. »
- « L'homme pourrait sans doute comprendre le but, mais ne le poursuivrait pas avec toute l'ardeur indispensable, c'est-à-dire même aux dépens de son bonheur personnel. Aussi, comme pour tout instinct, la vérité prend ici la forme de l'illusion, afin d'agir sur sa volonté. »
- « Il s'imagine alors qu'il consacre tous ses efforts et tous ses sacrifices à son plaisir personnel, alors que tout cela n'a lieu que pour conserver le type normal de l'espèce. »
- « Il n'y a [...] qu'un impératif catégorique, et c'est celui-ci : Agis uniquement d'après la maxime qui fait que tu peux vouloir en même temps qu'elle devienne une loi universelle. »
- Les concepts existent avant les choses (ante rem)